Designer néo-industriel Métamorphose du design industriel

A l'UPHF école de design, nous formons des designers néo-industriel, des designers industriels augmentés, car le design industriel doit s'adapter et évoluer face à des enjeux qui vont au delà de sa pratique actuelle. Définition.
Qu’est-ce qu’un designer industriel ?
Acteur incontournable de la société industrielle et de la société de consommation, le designer industriel a toujours eu pour mission de concevoir des produits, des objets et des équipements destinés à être fabriqués en série.
Son rôle est de faire le pont entre l'utilisateur, la technologie et l'esthétique pour créer des solutions qui sont à la fois fonctionnelles, désirables et viables économiquement.
Au-delà de la beauté d’un objet, nécessaire mais insuffisante, le designer industriel analyse surtout comment l'humain interagit de manière intuitive, sûr et confortable avec lui.

Le rôle du designer industriel dans l'industrie évolue.
En dialogue avec les ingénieurs le designer industriel doit comprendre et maîtriser les enjeux suivants :
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Les matériaux (plastiques, métaux, composites, bois).
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Les procédés de fabrication (injection moulage, impression 3D, usinage).
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Les coûts de production.
En dialogue avec le marketing, il est aussi au service de l’identité de la marque, en donnant forme, couleur et texture à l'objet. Cette apparence doit non seulement séduire, mais aussi raconter une histoire ou refléter les valeurs de l'entreprise.
Ne pouvant plus ignorer les limites de la planète, le designer industriel doit aussi maintenant relever le défi de l’écoconception, en pensant l’intégralité du cycle de vie d’un produit :
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Utiliser mieux et moins de matière,
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Faciliter et optimiser la réparation,
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Anticiper le recyclage ou la fin de vie de l'objet.
Conception technique, éco-conception, économie, identité de marque : voilà les promesses de professionnalisation que toute école de design industriel qui se respecte doit à ses étudiants.
C’est absolument nécessaire, et UPHF école de design en fait évidemment la promesse.
C’est aussi insuffisant.
Pour un design néo-industriel !
C’est insuffisant parce que de nouveaux enjeux, partants de nouvelles missions doivent être considérés.
1 - Penser « système »
Pour centraux qu’ils soient, les objets ne sont qu’un des éléments d’un système bien plus complexe, dont la composition, l’organisation, le fonctionnement et le pilotage conditionnent ce que l’on y produit, autant qu’ils en dépendent. Le designer néo-industriel ne peut plus ignorer cette complexité.
Mieux, cela devient un territoire d’action pour lui.
2 - Aller au-delà du seul utilisateur
Au-delà de l’intérêt bien naturel pour l’utilisateur final, le designer néo-industriel doit s’intéresser à l’ensemble des partie prenantes du cycle de vie d’un objet : ceux qui contribuent à sa fabrication, ceux qui le manipulent et le déplacent, ceux qui le vendent, ceux qui le réparent, ceux qui le recyclent, ceux qui en sont les spectateurs, ceux qui sont les potentielles « victimes » collatérales d’un mauvais design.
Cela n’est pas sans conséquence sur ce qu’il conçoit.
3 - Agir en responsabilité
Parce qu’il travaille au sein d’un système et qu’il doit y considérer toutes les parties prenantes, le designer néo-industriel doit aller au-delà des seuls enjeux de sobriété et de responsabilité environnementale, et donc appréhender des défis éthiques plus complexes où les dimensions sociales et politiques prennent une place centrale.
4 - Agir pour et sur son territoire
Cette haute conscience éthique se traduit aussi dans son rapport au territoire : Le design néo-industriel est un design revenu à la maison !
La première des sobriétés est en effet territoriale. En utilisant des ressources matérielles locales, en mobilisant des acteurs locaux, en adressant des enjeux d’expérience et d’usages locaux, il crée les conditions de la justesse comme de la sobriété de toutes les expériences.
Des designers industriels augmentés !
Former un designer néo-industriel nécessite d’inventer et de déployer un programme ambitieux, qui dépasse le seul enjeu des savoirs et des pratiques techniques et méthodologiques, évidemment indispensables.
Plus de hauteur
Il s’agit de donner à ces futurs grands professionnels la hauteur de vue, la profondeur d’analyse comme une très grande expérience de terrain pour leur permettre de questionner, observer, analyser et comprendre les situations de vie de toutes les parties prenantes où des objets sont produits, utilisés, réparés ou recyclés.
Plus de connaissances
Il faut pour cela les doter d’une culture générale étendue, d’une maitrise des méthodes d’enquête d’observation issues des sciences humaines, d’une compréhension du fonctionnement des entreprises ainsi que d’une préparation et d’un accompagnement à la vie professionnelle.
Tous savoirs et méthodes qui viennent donner de la pertinence et du sens au déploiement des savoirs fondamentaux du designer industriel que sont le dessin, le volume, le maquettage et la fabrication.
Plus de professionnalisme
Tout ceci doit se faire dans le cadre d’une pédagogie par projets très intense, en lien systématique avec les entreprises du territoire, garantissant ainsi une préparation au réel, et à sa transformation.
Plus de responsabilités en entreprise
Ces designers industriels augmentés ne seront pas seulement plus pertinents et plus performants dans leur mission de conception. Ils et elles seront préparés à évoluer au sein des entreprises, tout comme leurs pairs ingénieurs et marketeurs, pour y prendre des postes de responsabilités, y compris les plus hauts, pour y déployer toute la puissance du design.










